La tonte des moutons n'est pas une opération de confort : c'est un acte d'élevage. Une toison non retirée s'alourdit, retient l'humidité, favorise les parasites et, à la belle saison, expose l'animal à un vrai coup de chaleur. Le mouton domestique ne perd pas sa laine tout seul.
Pourquoi la tonte est indispensable
Une laine trop longue colle au corps et ne sèche plus. Elle devient un terrain favorable aux mouches et aux parasites externes, en particulier autour de l'arrière-train. Elle gêne aussi l'observation : sous une toison épaisse, on ne voit ni un amaigrissement, ni une blessure, ni un état de santé qui se dégrade.
Sur les brebis, la tonte facilite en outre l'accès à la mamelle pour les agneaux.
Le matériel : le couple compte plus que la vitesse
Une toison est bien plus dense et bien plus grasse qu'un pelage de chien. L'appareil ne doit pas ralentir quand le peigne s'enfonce dans la laine : c'est cette capacité à tenir le couple, du premier au dernier animal, qui distingue un vrai matériel de tonte d'une tondeuse d'appoint.
Les modèles adaptés sont regroupés dans le rayon tondeuse pour mouton. En bergerie éloignée, en plein champ ou quand plusieurs personnes tondent en même temps, une tondeuse sans fil pour mouton supprime la contrainte du câble, qui est un vrai danger quand un animal se débat.
Prévoyez toujours des peignes et des contre-peignes de rechange, ainsi que de l'huile. Un jeu unique ne tient pas sur un troupeau.
Avant de commencer : un animal à jeun et au sec
Un mouton se tond sec. Une laine humide est plus difficile à couper, abîme le matériel et se conserve mal. Il est aussi d'usage de laisser les animaux à jeun quelques heures avant la tonte : un mouton à l'estomac plein est moins à l'aise sur le dos et supporte moins bien la manipulation.
Prévoyez une aire propre, dégagée et non glissante, où la toison pourra être posée d'un seul tenant.
Le déroulé : une toison qui se retire en une pièce
La tonte se pratique sur un animal assis puis progressivement basculé, la tête et l'encolure calées contre le tondeur. Cette position, qui surprend au début, est celle où le mouton se débat le moins : il se sent retenu et cesse de lutter.
On ouvre au ventre, puis on dégage un côté, l'épaule, le flanc et la cuisse, avant de faire pivoter l'animal pour traiter l'autre moitié. Le but est de retirer la toison en une seule pièce, ce qui compte beaucoup si la laine est destinée à être valorisée.
Le peigne reste à plat contre la peau, jamais incliné : c'est une pointe relevée qui coupe.
Les zones à traiter avec attention
Les plis du cou, les aisselles, l'aine, la mamelle et les bourses sont les endroits où la peau est la plus fine et la plus mobile. Tendez-la de la main libre, ralentissez, et n'hésitez pas à reprendre en plusieurs passes plutôt qu'à forcer.
Prévoyez de quoi désinfecter : une petite coupure arrive même aux tondeurs expérimentés, et elle se traite sur le moment.
Après la tonte
Un mouton fraîchement tondu n'a plus sa protection contre le froid ni contre le soleil. Prévoyez un abri les premiers jours si la météo est mauvaise, et de l'ombre si elle est très chaude. C'est aussi le meilleur moment pour observer chaque animal : sans laine, un état corporel se lit en un coup d'œil.