La question de la date revient chaque année, et la réponse tient en une phrase : on tond quand le risque de froid est passé et avant que la chaleur ne s'installe. Tout le reste consiste à ajuster cette règle à son troupeau et à sa région.
Le printemps, pour une raison simple
La tonte de printemps encadre les deux risques. Trop tôt, les animaux se retrouvent sans laine alors que les nuits sont encore froides et les journées humides. Trop tard, ils passent les premières vraies chaleurs sous une toison entière, avec un risque de coup de chaleur bien réel, en particulier chez les brebis en fin de gestation et les animaux les plus gras.
La date exacte se décale donc selon le climat local : plus tôt dans les régions douces, plus tard en altitude ou dans le nord. C'est l'observation de sa propre météo qui tranche, pas le calendrier du voisin.
Tondre avant ou après l'agnelage ?
Les deux se pratiquent, et chacun a ses raisons. Tondre avant facilite la surveillance de la fin de gestation et l'accès des agneaux à la mamelle dès la naissance : on repère tout de suite une brebis qui prépare l'agnelage. En contrepartie, la manipulation d'animaux en fin de gestation demande de la douceur et un abri disponible.
Tondre après évite cette manipulation au moment le plus délicat, mais laisse les brebis allaiter sous une toison lourde, ce qui est pénible en cas de printemps chaud.
Les cas qui justifient une tonte hors saison
Certaines situations ne suivent pas le calendrier. Une brebis dont l'arrière-train est souillé doit être dégagée sans attendre : c'est une porte d'entrée directe pour les mouches. Un animal dont la toison feutre ou s'alourdit anormalement, un mouton de réforme, un animal malade que l'on doit pouvoir examiner : dans tous ces cas, on intervient quand c'est nécessaire, pas quand c'est la saison.
Ces interventions ponctuelles se font souvent sur un ou deux animaux à part du troupeau, et un matériel maniable y aide beaucoup.
Une ou deux tontes par an ?
Une tonte annuelle convient à la plupart des élevages. Une seconde tonte, à l'automne, se justifie pour les races à croissance de laine rapide, ou dans les élevages en bergerie où les animaux passent l'hiver à l'intérieur : une toison trop longue y devient vite un problème d'hygiène.
Le critère n'est pas le nombre de mois écoulés mais l'état réel de la laine : sa longueur, sa propreté, et la capacité de l'animal à rester au sec.
S'organiser le jour venu
Quelle que soit la date, prévoyez des animaux au sec et à jeun depuis quelques heures, une aire propre et non glissante, et du matériel en état. Pour un troupeau, la puissance et l'endurance de l'appareil décident du temps passé : c'est ce que couvre le rayon tondeuse pour mouton. Si vous tondez en plein champ ou loin d'une prise, une tondeuse sans fil pour mouton supprime le câble, qui devient dangereux dès qu'un animal se débat.
Enfin, gardez à l'esprit qu'un mouton fraîchement tondu doit pouvoir se mettre à l'abri les premiers jours, du froid comme du soleil.